Études-Paroles

Etrangers sur cette terre: marcher vers Sa lumière

4 mai 2026

Etrangers sur cette terre: marcher vers Sa lumière

1 – Fragile mais lumineux, le chemin des étrangers.


« En partant, Jésus aperçut sur son chemin un homme qui était aveugle de naissance.  Ses disciples lui posèrent alors cette question : Dis-nous, Maître, pourquoi cet homme est-il né aveugle ? Est-ce à cause de son propre péché ou de celui de ses parents ? Jésus répondit : Cela n’a pas de rapport avec son péché, ni avec celui de ses parents ; c’est pour qu’en lui tous puissent voir ce que Dieu est capable de faire. » Jean 9.1-3, version semeur.

 [D’autres versions disent : « pour que les miracles de Dieu soient manifestés en lui. »]

Qui, ici-bas, ne se sent-il pas « étranger sur ces terres » ? Après tout, n’est-ce pas ce que la Bible enseigne ? Le fait que, si tout va bien : nous sommes censés nous distinguer, tels des « étrangers », des « voyageurs sur la terre » (Hébreux 11.13, LSG 21).  De la Genèse à l’Apocalypse, les « héros de la foi » donnés en exemples, Jésus y compris, reconnaissent : que notre vie terrestre est censée être un « pèlerinage », une « vie errante ».  Tels sont les mots du père de Joseph, Jacob, au Pharaon (Genèse 47.9, LSG et LSG 21).  Pierre, s’adressant à ses lecteurs, les appellera « résidents temporaires » (1 Pierre 2.11, version Semeur).  David, lui, parle d’être un immigré, un hôte alors qu’il loue spontanément le Seigneur (1 Chroniques 29.15, LSG 21 et Semeur).  Mais qu’est-ce que cela signifie, pour nous aujourd’hui qui attendons le retour de ce même Seigneur ? Pour toi qui lis : notre statut devrait rester inchangé, n’es-tu pas d’accord ?

Je ne sais pas chez toi, mais chez moi : qui dit « étranger » qui se distingue dans son environnement, dit également « différence », « être unique » à assumer, sans honte.  N’est-ce pas Dieu qui dit de nous que nous sommes des « créatures merveilleusement faites » (Psaume 139.14, LSG), capable de le refléter, de mener à Lui qu’importe nos manquements, nos faiblesses ? Pierre et Paul, comme beaucoup d’autres serviteurs bibliques (hommes et femmes) nous le démontrent, sans arrêt.  Avant même notre naissance, notre histoire est écrite par Lui, qu’importe de quoi elle est faite (Psaume 139.16, LSG).  Et, réconciliés avec Lui, notre foi agissante : notre identité complète prend vie, les choses anciennes passées et les nouvelles prenant le dessus, petit à petit (2 Corinthiens 5.17-21, Semeur).  Jésus ira même jusqu’à dire aux disciples, des mots encore valables pour nous aujourd’hui : « Vraiment, je vous l’assure : celui qui croit en moi accomplira les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes parce que je vais auprès du Père. » (Jean 14.12, Semeur).  En bref, nous sommes censés vivre « étrangers » comme Lui, tout en le reflétant pour que le monde voit ; et ce, qu’importe nos différentes facettes qui bénissent directement ou au moins travaillent le cœur des autres, selon le souhait divin.  La Bible ne dit-elle pas, en effet : « Le fer aiguise le fer, au contact de son prochain » ?! (Proverbes 27.17, version LSG 21).  Si inspiré(e) à le faire par obéissance au Seigneur ou notre propre chair qui est travaillée, oui je le crois : Dieu nous utilise aussi bien pour bénir que pour travailler le cœur de ceux avec lesquelles nous sommes en contact ; de la même manière qu’il peut les utiliser, pour nous travailler nous.  Encore faut-il accepter la Vérité parfois dure.  « Amen ! », toujours ?!

Ce que Jésus a vécu pour lui-même, il le dira des autres aussi.  C’est ce que révèle pour moi ce passage, l’un de mes favoris.  Un peu de contexte ? Jean 8, Jésus vient d’épargner à la femme adultère sa lapidation programmée, remettant ses accusateurs à leur place : « qui de vous n’a jamais péché, lancez-lui la première pierre ! » (8.3-10).  Puis, avec audace, Il dira qu’il est « la lumière du monde », et dénoncera violemment la religiosité ; disant à ses opposants qu’ils mourront dans leur péché, qu’ils ne peuvent aller où Il va et que ses jugements viennent du Père lui-même, qu’ils prétendent connaître – mais ne connaissent pas, en réalité, par leur non-reconnaissance de Lui, du Fils de l’Homme qu’Il est (8.12-18).  Un sacré culot, non ?! En effet, sa Vérité fâchera les Juifs de l’époque, au point de vouloir même le lapider (Jean 8.57-59).  En conclusion : Jésus faisait réellement une différence, jusqu’à apporter la division, et Il changera le monde ensuite au travers de ceux qui pratiquent encore ses enseignements.  Ne sommes-nous pas censés prendre le relais, qu’importe combien sont prêts à écouter et à entendre ?! Plus facile à dire qu’à faire, cela n’empêche que : par son Esprit en nous, sa force donnée dans nos faiblesses, tout est possible (Zacharie 4.6, LSG ; 2 Corinthiens 12.9-10, Semeur).  Ce n’est pas moi, mais la Parole de Dieu, et donc la Trinité, qui le dit.

Les premiers disciples l’avaient compris : Jésus pouvait les instruire, les sortir de leur ignorance.  C’est dans ce but qu’ils Lui demanderont, je le crois, au sujet de cet homme visiblement « infirme » : n’est-il pas comme ça par son péché ? Et Jésus leur répondra, étrangement, par la négative.  Puis en effet : il se servira de cette situation pour révéler Dieu d’une manière nouvelle, au travers d’un miracle qui apportera encore division et controverse.  Les croyances de l’époque et ce que Jésus en fait apportera un message puissant.  Il était courant, alors, de voir en la salive humaine un pouvoir curatif ; et, fait étonnant ici, cette boue servant d’onguent pour les yeux et la création d’Homme sont faits à partir de cette même substance, la terre (Genèse 2.7).  Que Jésus touche les yeux de l’homme aveugle, pour y appliquer la boue, en fait un geste très personnel.  Interprétation ? L’homme, homme ou femme, est imparfait de naissance, certes.  Mais touché par Jésus, renouvelé dans son être, la foi agissante : il est capable de voir, d’être transformé pour la gloire de Dieu le Père.  Jésus nous prend où nous en sommes, dans notre état de « pêcheur », de « faible ».  Et dans son humanité comme sa divinité ? Il désire faire de nous des témoins potentiels, son propre reflet.  Avec patience, si nous nous accrochons, le laissant entrer dans nos vies et faire : la Sainteté acquise par la foi sur la Croix émerge progressivement après un dur labeur ; celui de suivre ses commandements, ses enseignements, celui de crucifier sa chair.  En travaillant cette émergence, cependant, ne nous laissons pas abattre par le découragement.  Gardant ceci en tête : qu’importe les « défauts de fabrication », le « façonnage » progressif de notre caractère qui prend du temps, ils peuvent servir malgré tout à travailler les cœurs, en attendant, comme à révéler le travail sur soi encore à faire.  Et ce, pour davantage connaitre et adopter la sainteté du Père, aimer son prochain comme Lui le fait.  Pour autant qu’on le laisse faire, la transformation est bien conditionnelle.  Pas vrai ?!

L’application de ce passage, dans notre vie quotidienne ? Je sais, pour ma part, que lorsque j’ai découvert ce verset vers 2013, j’en avais fait un sujet de prière : à l’époque, enfin diagnostiquée officiellement pour l’autisme après 25 ans d’errance et encore 5 ans de non-reconnaissance, il y avait bien du boulot à faire pour faire de ma vie ce qu’elle est, plus de dix ans après.  Ajouté à cela, mon Haut-Potentiel découvert en 2017 et le TDAH qui me poursuit depuis les années collèges.  Je ne suis pas démoniaque, Dieu me l’a fait bien comprendre, et je n’ai nullement besoin de prière pour ces sujets « tel quel ».  « Il veut utiliser ces choses pour sa Gloire », me dira quelqu’un, bouche-bée alors qu’il demandait pour ma guérison.  J’apprends simplement à vivre et assumer, le fait que ma personnalité atypique révèle Dieu, enseigne sur Dieu très souvent d’une manière qui déplait.  Cela dit, je sais : qu’à celui ou celle que cela plait, elle enrichit et bénit de manière puissante, tel un parfum de bonne odeur selon Paul (2 Corinthiens 2.15).

Et cela m’encourage, me rassure sur la main de l’Eternel dans les moments compliqués.  Un exemple en particulier ? Ressentant le besoin constant, pour continuer et, ayant eu beaucoup moins de distractions terrestres que beaucoup, ces quarante dernières années : Dieu semble m’avoir donnée la capacité de voir sa présence surnaturelle dans le naturel, où beaucoup autour de moi ne semblent pas le voir – la nature, les films, les évènements, les graffitis, des thèmes souvent évités tels que la santé mentale également.  Je vois, par mon entourage, que cela semble être un de mes « talents cachés », issue de ma personnalité et vie terrestre atypique.  Et je me sens inspirée aujourd’hui, à bénir par ce trait atypique qui est le mien.

Et toi, qui me lis : quels sont tes dons, tes « traits atypiques », le caractère de Dieu visibles en toi ? Pas toujours reconnus par les Hommes, certes, mais qui peuvent puissamment tailler, bénir pour notre Roi ? C’est la méditation d’aujourd’hui, je crois.  Oui ! Même lorsque cela est difficile, Dieu désire te voir, au fil du temps, devenir toi – l’image du Christ, au travers de toi.  Même si l’on cherche à te démontrer le contraire : Dieu travaille en toi pour que tu sois à son image, et cela peut prendre bien des années comme des galères.  La question est : jusqu’à quel point vas-tu aller, faire ta part, le laisser faire ? Acceptes-tu facilement les sacrifices, les coûts qu’Il révèle ? Te confies-tu en Lui fidèlement, en tout temps toute heure, et reçois-tu sa grâce et ses conseils ? Entends-tu sa voix, quand l’Esprit interpelle ? Pour être corrigé(e) tel un Père corrige son enfant, un mal pour un bien plus tard ? Et non pour être condamné(e), puisque cela n’est pas pour nous (Hébreux 12.7, 10-13 ; Romains 8.1, LSG 21) ? Sois honnête avec Lui, dans ton jardin secret, et tu grandiras pour manifester son plan de paix, et non de malheur, prévu pour toi (Jérémie 29.11, LSG 21).  Encore une fois, « Amen ! » ?!

Une prière « pour la route » ?

Seigneur, merci de m’avoir créé(e), de m’avoir permis de devenir citoyen(ne) de ton ciel, cohéritier(e) avec ton Fils dans la restauration de ton Royaume qui vient.  Merci pour ta Parole qui me déclare juste par la foi, lavé(e) de mes péchés à la Croix et façonné par toi selon tes désirs, pas à pas.  Pardon Seigneur pour mes faiblesses, mes manquements, dont je me repens.  Et dans ma repentance sincère, je reçois ta grâce.  Aide-moi à m’améliorer, à m’affermir en passant plus de temps avec toi dans ta Parole, la louange, la prière pour moi-même comme pour les autres, ce monde ; car je déclare que ma joie et ma force sont en Toi.  Je désire te connaître, entendre ta voix ; sur qui je suis, mes capacités à être un reflet céleste, à te représenter, comment je peux devenir « témoin ».  Dans le nom précieux de Jésus, amen.    

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