Le phare et le cœur : apprendre à voir comme Dieu
1 – La Lumière Qui Guérit : Une Rencontre au Cœur du Rejet
Pour moi : une des composantes de la marche chrétienne est celle de vivre notre intimité avec Dieu telle un phare et d’assumer le fait d’en être le reflet. Il me l’a fait comprendre, tout juste aujourd’hui ; au travers du récit suivant, un vieil écrit.
« Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut pas être cachée, et on n’allume pas non plus une lampe pour la mettre sous un seau, mais on la met sur son support et elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison. Que, de la même manière, votre lumière brille devant les hommes afin qu’ils voient votre belle manière d’agir et qu’ainsi ils célèbrent la gloire de votre Père céleste. » Matthieu 5.14-16, LSG 21
En 2019 : un dimanche matin lamentable, c’était. Je me suis sentie comme Jésus, « hors-normes, rejetée », plus que jamais. Ce jour-là : j’ai reçu deux des plus précieuses paroles d’encouragement et d’amour de mon Seigneur, jusqu’à présent. Mes larmes ont séché presqu’immédiatement. L’un de ces « clins d’œil » divins m’est venue d’une petite fille inconnue – un jeu de l’école du dimanche, un verset qu’elle était chargée de donner à un adulte, inspirée par l’Esprit. Cette petite fille ne saura jamais le baume sur mon cœur qu’elle venait d’appliquer, comme la jeune étudiante avant elle me donnant une belle promesse divine ; totalement inconsciente de mes circonstances malgré les larmes évidentes. Le verset était Matthieu 5.14-16, plus précisément le verset 16. WoW.
Cela signifiait-il que j’avais eu raison, plus tôt ? De venir spontanément sur le devant de la scène, sachant que je devais parler sans connaitre les trois-quarts du contenu. Et ce, face à ces leaders bien religieux et agacés, que je désire intervenir comme d’autres « plus importants ». Cela signifiait-il que j’avais eu raison, d’avoir l’air bien bête devant toute l’assemblée ? À attendre patiemment pendant bien longtemps, que la musique baisse ou s’arrête, pour que je puisse enfin m’exprimer ? Je réalisais, alors : le Seigneur me confirmait que je n’étais pas folle, que je l’avais bien écoutée. Et que cet évènement était peut-être le début de quelque chose de nouveau qui arrivait. Sympa, mais je me sentais bloquée depuis, voulant davantage comprendre : la portée de ce verset, le lien entre l’omniscience de Dieu et ma confiance accordée qui me tracassait. Par la visite d’un phare, en 2024, Dieu a exaucé ma prière. Cela a bien failli ne pas se faire : ces marches très minces semblaient tellement bien raides et dangereuses, pour mes petites baskets glissantes !! Parmi d’autres choses !! Je suis tellement reconnaissante, que Dieu ait permis, pour pouvoir transmettre les révélations suivantes. …
2 – Au Sommet du Phare : Là où Dieu Me Montre Sa Souveraineté
Le phare Gay Head, St Martha’s Vineyard
A l’été 2024, donc : me voilà, en solo, à Boston dans le Massachussetts. Suite à un héritage familial, je saisissais l’opportunité pendant que je le pouvais ; celle de prendre l’air, souffler d’un quotidien étouffant et sans sens, alors. En fait : Dieu s’est servi de ce voyage plutôt « coup de tête », pour booster mon intimité avec Lui, puissamment. Dans ma liste des choses à faire, comment je me suis retrouvée à ce phare : la visite d’une île « à côté » (pas si « à côté », mais jouable !). Apprenant qu’on pouvait y voir l’intérieur d’un phare ou deux, il fallait que j’y aille. Un pari fou, qui a bien failli tourner au vinaigre. Mais Dieu permettra la sortie de A à Z et j’en suis revenue changée, bien renouvelée dans mon Esprit et ma confiance en Lui ! Ça, on peut le dire oui !
Mes premières pensées, arrivée sur place puis durant la visite : je ne peux m’empêcher de remarquer ce rouge omniprésent, qui me rappellera sa miséricorde. Mais ce qui véritablement me frappera : l’espace nécessaire pour tout installer, la mise à part nécessaire à un endroit bien précis pour refléter la lumière de manière efficace, servir de guide. Cela m’a fait penser à la grandeur et à la souveraineté de Dieu, alors que je scrutais les moindres recoins de cet édifice devant moi. Puis, en chemin vers le sommet : l’intérieur de ce phare paraissait tellement complexe. Cela m’a aidée à pleinement vivre la complexité de la souveraineté de Dieu ; comprenant davantage pourquoi Dieu se permettrait de me dire « ce n’est pas ta place », lorsqu’il s’agit de comprendre ses raisonnements divins au-delà des miens, humains. Je n’ai même pas cherché à comprendre, en fait : j’ai simplement observé, avec admiration, ces panneaux de contrôles divers. Enfin : cette lumière était vraiment « haut-perchée ». Je n’avais pas pleinement réalisé à quel point, jusqu’à ce que j’aie cette vue devant moi sur « en bas ».
« A toi, Eternel, sont la grandeur, la puissance et la splendeur, l’éternité et la gloire, car tout ce qui est dans le ciel et sur la terre t’appartient. A toi, Eternel, sont le règne et l’autorité suprême! » 1 Chronique 29.11 (LSG 21)
« Les yeux de l’Eternel sont partout, observant les méchants autant que les bons. » Proverbes 15.3(LSG 21)
« Aucune créature n’est cachée devant lui: tout est nu et découvert aux yeux de celui à qui nous devons rendre compte. » Hébreux 4.13 (Semeur).
Le premier verset me vient : un moment d’adoration de David, envers l’Eternel. Le deuxième verset qui me vient résume ce que je perçois, de cette vue à 360° presque sans faille (les vitres étant faites par des humains, j’imagine que Dieu n’a pas de zones d’ombres !). Ce que je ne voyais pas sur terre, en effet, je le voyais de là-haut. Sans prétendre être Lui, bien évidemment : je m’imaginais être à la place de mon Sauveur et Seigneur, scrutant ces différentes horizons « invisibles à l’œil nu » en bas. Je réalisais, plus que jamais, combien en tant qu’humain cela me dépasse. Et combien donc, à plus forte raison, je devrais faire confiance à sa vision parfaite des choses ! Oui, je ne suis pas sortie indemne de ce voyage-là. Le verset d’Hébreux est ainsi, pour moi, totalement justifié ! …
3 – Entre Ombres et Lumière : Marcher par la Foi
« Aujourd’hui nous voyons au moyen d’un miroir, de manière peu claire, mais alors nous verrons face à face ; aujourd’hui je connais partiellement, mais alors je connaîtrai complètement, tout comme j’ai été connu. » 1 Corinthiens 13.12 (LSG 21)
Et ici, de manière intéressante, Paul complète encore la chose pour moi. Tellement vrai : nous ne pouvons voir qu’une partie de cette image, de cette situation, de ce parcours devant soi. Alors que Dieu, Lui : Il voit tout, entend tout, sait tout. Nous rendre justice en tout temps, guider nos pas avec excellence ou corriger nos mauvais penchants est ainsi possible pour Lui. Puis, lorsqu’enfin en face-à-face : on pourra Lui poser toutes nos questions laissées sans réponse. N’est-ce pas rassurant ?! Cela n’inspire-t-il pas une pleine confiance ?!
« Une telle connaissance est trop extraordinaire pour moi, elle est trop élevée pour que je puisse l’atteindre. » Psaumes 139.6 (LSG 21)
Personnellement, ce détail qui nous distingue m’a amenée à penser la chose suivante : qu’il me semble ainsi plus judicieux de laisser Dieu prendre toute sa place. Puisque : rien ne Lui échappe en effet, le voyant dans cette pièce avec une vue imprenable à 360° et me l’imaginant sans zone d’ombre. Je ne sais pas pour toi mais, pour ma part : je me sens si souvent aveugle, avec pas mal de zones d’ombres, du fait de mon cœur souvent corrompu ou ma vue obscurcie pour mille et une raisons.
« Nous sommes donc toujours pleins de confiance et nous savons que, tant que nous habitons dans ce corps, nous sommes loin de notre patrie, loin du Seigneur, car nous marchons par la foi et non par la vue. » 2 Corinthiens 5.6-7 (LSG21) ?
Pour moi, ces mots de Paul font « partie du deal » : donner sa vie à Dieu, c’est lui faire confiance. Surtout lorsque tout parait absurde, au-delà de la compréhension humaine, conscient(e) qu’Il partage les caractéristiques de ces phares guidant tout bateau avoisinant dans la nuit. Voici quelques exemples bibliques : l’Eglise primitive semble lui remettre chaque décision, pleinement consciente que Dieu connait même le nombre de cheveux sur sa tête (Actes 1.24, Luc 12.7). Le psaume 44 est la prière d’un peuple martyr, selon certains commentaires : une plainte collective qui préfère se rappeler les bontés de l’Eternel pour surmonter ses épreuves, sachant que la chose à faire est de se tourner vers Lui et de mûrir dans sa confiance en Lui. Le psalmiste s’interrogera : « Si nous avions oublié le nom de notre Dieu et tendu nos mains vers un dieu étranger, Dieu ne le saurait-il pas, lui qui connaît les secrets du cœur ? » (Psaume 44.21-22, LSG 21).
Et toi, dans tes épreuves, ta souffrance : quelle est ta réaction la plus naturelle ? As-tu tendance à dénigrer, à t’énerver contre l’Eternel tel un enfant qui n’obtient pas ce qu’il veut ? Tel un enfant qui ne supporte pas l’injustice de la souffrance humaine, ou la protection du divin supérieur à toi, n’ayant que ton point de vue « ce serait génial, c’est ce que je veux » ? Incapable, donc, de recevoir un renouvellement ou un pare-feu divin, pour ton bien, car Il voit ce que toi tu ne peux pas voir ? Ou, au contraire : parviens-tu à louer l’Eternel malgré tout, sans renier son nom, continuant de t’abandonner à Lui jusqu’à ce qu’il y ait une meilleure ouverture ou compréhension ? Cherches-tu auprès de Lui la solution, avec paix et confiance qu’Il est souverain en tout temps ? Questions difficiles, hein ? Ouep, je suis tombée moi-même dans ces mêmes pièges, pendant bien longtemps. La chair est bien difficile à crucifier, par moments sinon tout le temps. …
4 – Laisser Dieu Briller : La Foi Qui Mûrit
Sois assurée d’une chose, pourtant : qu’importe le visible ou le ressenti, Dieu entend et agit – pas forcément comme on l’aimerait, parfois même s’attendre à Lui dans le silence est tout ce qu’on peut faire. Mais cela en vaut la peine, apporte des bénédictions même. Je m’appuie souvent sur le dicton suivant : « Dieu travaille, même et surtout derrière les coulisses ». Plus que jamais par ces temps que nous vivons, donc : marchons par la foi, donc, avec confiance qu’Il n’y a personne de plus puissant. Comme David, Jérémie et bien d’autres, lorsque tu te sens coincé(e) ou pour te décontracter rien qu’un instant : loue la grandeur de l’Eternel, dépose tes fardeaux et attends-toi à Lui. Par la foi, reçois sa réponse – Avec la certitude qu’elle viendra, en sa manière comme en son temps parfait.
En conclusion, ce que j’ai appris : nul ne peut prétendre comprendre ce que Dieu fait, seconde après seconde. C’est cela le chemin de la foi et, jusqu’à son retour, nous croyons : que même lorsque les détails manquent, le fait qu’Il ait la « grande image » à tout instant est censé nous rassurer, nous encourager à aller de l’avant. Un phare n’est-il pas souvent silencieux, ne donnant qu’un rayon de lumière qui tourne même, avec ses coins d’ombres ? Le phare est un reflet de notre Dieu, et nous devons respecter cela avec joie et confiance. Plus facile à dire qu’à faire mais, si tout va bien dans le lâcher prise progressif : l’on mûrit avec le temps dans notre « parler pour Lui », dans notre attention donnée à Autrui et notre discernement. Et à notre tour : nous pouvons être ce phare pour les autres, mettant un peu de joie dans leurs frustrations, leur recherche de soi et de Dieu dans leur vie, leurs tourments.
Une prière pour la route ?
« Merci, Seigneur, pour la profondeur de ta souveraineté sur toutes choses, ton omniscience qui m’a été révélée aujourd’hui. Merci d’avoir renouvelé mon esprit, afin que ma confiance en toi et ma marche par la foi puissent se développer et grandir. Je veux faire de toi, plus que jamais ou du moins renouveler ce désir, mon confident le plus proche, celui qui me guide – Car ta vision et ta connaissance de moi, des autres et du monde est parfaite, sans limite. Aide-moi à voir ce que tu veux que je voie, à comprendre ce que tu veux que je comprenne, à respecter ma place et la tienne, les limites que je ne peux pas franchir et ton contrôle parfait. Sonde mon cœur, montre-moi ce que je dois faire dans toutes les situations que je te confie, en désirant ton conseil. Puis-je vraiment te reconnaître, comme mon phare dans la nuit qui éclaire mon chemin, même et surtout dans la tempête imprévisible. Dans le précieux nom de Jésus, amen. »
